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Méthode d'évaluation selon le Goodwill

 

Le goodwill, ou survaleur, est la part de la valeur d'une entreprise qui dépasse la valeur de ses actifs : ce que valent sa clientèle, sa réputation, son équipe et son savoir-faire, qui n'apparaissent pas au bilan. Il existe parce que l'entreprise gagne plus que ce que rapporteraient normalement les capitaux qu'elle utilise.

La méthode du goodwill en tire une valeur : valeur des titres = actif net comptable corrigé + goodwill, le goodwill étant calculé en actualisant la « rente » de ce surplus de bénéfice. C'est une méthode mixte, qui combine le patrimoine de l'entreprise et sa rentabilité.

La définition

Goodwill : de quoi parle-t-on ?

Le même mot désigne un écart constaté après un rachat et une survaleur estimée avant la transaction.

En comptabilité

L'écart d'acquisition : la différence entre le prix payé pour racheter une société et la juste valeur de ses actifs nets, inscrite dans les comptes consolidés de l'acheteur.

En évaluation

La survaleur estimée avant la transaction, à partir de la rentabilité attendue : c'est elle que calcule la méthode du goodwill.

Le badwill

Un goodwill négatif : l'entreprise rapporte moins que ce que ses actifs devraient rapporter, et vaut moins que son actif net.

L'origine

D'où vient le goodwill ?

Le bilan enregistre les machines, les stocks, la trésorerie. Il ignore presque tout ce qui fait qu'une entreprise gagne de l'argent mieux qu'une autre avec les mêmes moyens.

Ces actifs immatériels ont pourtant un prix pour un acheteur : c'est le goodwill. Pour un commerce, une bonne partie se retrouve dans la valeur du fonds, que l'on mesure par une évaluation de fonds de commerce.

  • La clientèleDes clients fidèles, des contrats récurrents, un carnet de commandes.
  • La marque et la réputationUn nom connu, une image, des avis qui font venir les clients.
  • L'équipe et le savoir-faireDes compétences, des méthodes, parfois des brevets ou un logiciel.
  • L'emplacement et le réseauUn bon emplacement, des fournisseurs et des partenaires fiables.

Le calcul

Comment calculer le goodwill : trois formules

On compare ce que l'entreprise gagne à ce que rapporteraient normalement ses actifs, puis on actualise cet écart sur quelques années.

Formule 1

La rente de goodwill

Rn = Bn − (r × An)

Bn : bénéfice attendu l'année n
An : actifs nécessaires pour le dégager
r : rémunération normale attendue des capitaux

Formule 2

Le goodwill

Goodwill = R1 / (1 + i)
+ R2 / (1 + i)²
+ …
+ Rn / (1 + i)ⁿ

i : taux d'actualisation
n : durée de la rente, en années

Formule 3

La valeur des titres

Valeur des titres = Actif net comptable corrigé (ANCC)
+ Goodwill

Le point de départ

L'actif net comptable corrigé (ANCC)

Le goodwill s'ajoute à un patrimoine qu'il faut d'abord mesurer à sa valeur réelle, et non à sa valeur comptable. Le détail des corrections figure dans notre guide des retraitements.

Étape 1

Les capitaux propres

On part de l'actif net comptable, lu au bilan : capital, réserves et résultat de l'exercice.

Étape 2

La réévaluation des actifs

On ajoute les plus-values latentes : immobilier, fonds de commerce, titres de participation, stocks.

Étape 3

Les corrections

On retire les actifs sans valeur réelle, comme les frais d'établissement, et l'impôt latent sur les plus-values.

Pour une société dont la valeur tient surtout à son patrimoine, l'ANCC peut suffire : voir la méthode de valorisation d'une SCI.

Exemple

Un exemple d'évaluation par le goodwill

Reprenons la PME de nos pages sur l'EBE et le résultat net : un bénéfice normatif de 139 K€ et un actif net comptable corrigé de 400 K€. Ses actionnaires attendent une rémunération normale de 8 % de cet actif, soit 32 K€.

L'entreprise gagne donc 107 K€ de plus par an : c'est la rente de goodwill. Actualisée sur 3 ans à 10 %, elle donne un goodwill de 266 K€, et une valeur des titres de 666 K€.

Exemple fictif. La valeur dépend beaucoup de r, i et n : c'est pourquoi Avalor croise le goodwill avec la méthode de l'excédent brut d'exploitation, qui donnait ici 640 K€.

Bénéfice normatif139 K€
− Rémunération normale de l'actif (8 % × 400 K€)32 K€
= Rente de goodwill107 K€
× Coefficient d'actualisation (3 ans à 10 %)2,49
= Goodwill266 K€
+ Actif net comptable corrigé400 K€
= Valeur des titres666 K€

Les usages

Quand utiliser la méthode du goodwill ?

Elle convient aux entreprises qui ont à la fois un patrimoine significatif et une rentabilité régulière.

Une cession

Le cédant justifie la part du prix qui dépasse le patrimoine : un argument précieux pour savoir à quel prix vendre son entreprise.

Une reprise

Le repreneur vérifie que la survaleur qu'il paie est bien couverte par la rentabilité future de l'entreprise.

Un apport à une holding

Associant patrimoine et rentabilité, elle est souvent retenue lors d'un apport de titres, valeur que vérifie le commissaire aux apports.

Pour voir le goodwill à côté des méthodes de rentabilité, consultez un exemple d'évaluation.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le goodwill

Qu'est-ce que le goodwill ?

Le goodwill, ou survaleur, est la part de la valeur d'une entreprise qui dépasse la valeur de ses actifs nets. Il représente ce que le bilan n'enregistre pas : clientèle, réputation, équipe, savoir-faire. Il existe quand l'entreprise gagne plus que ce que rapporteraient normalement ses capitaux. Avalor le calcule à partir des liasses fiscales.

Comment calculer le goodwill ?

On calcule chaque année la rente de goodwill : le bénéfice attendu, moins la rémunération normale des actifs nécessaires pour le dégager. On actualise ensuite ces rentes sur quelques années. La valeur des titres est égale à l'actif net comptable corrigé plus ce goodwill. Avalor réalise ce calcul automatiquement à partir des comptes de l'entreprise.

Quelle différence entre le goodwill et le fonds de commerce ?

Le fonds de commerce est un actif juridique précis : clientèle, enseigne, droit au bail, matériel. Le goodwill est une notion plus large et financière : toute la valeur que l'entreprise crée au-delà de ses actifs. Pour un commerce, une grande partie du goodwill se retrouve dans le fonds, qu'Avalor évalue avec son module Fonds.

Qu'est-ce qu'un badwill ?

Le badwill est un goodwill négatif : l'entreprise rapporte moins que la rémunération normale de ses actifs. Elle vaut alors moins que son actif net corrigé, et un acheteur peut l'obtenir pour un prix inférieur à son patrimoine. C'est un signal à analyser : rentabilité faible, actifs surévalués ou activité en difficulté.

Quand utiliser la méthode du goodwill ?

La méthode du goodwill convient aux entreprises qui ont à la fois un patrimoine significatif et une rentabilité régulière. On l'utilise lors d'une cession, d'une reprise ou d'un apport de titres à une holding, où elle est souvent retenue. Avalor la croise toujours avec les méthodes de rentabilité, comme l'EBE et le résultat d'exploitation.

Pourquoi croiser le goodwill avec d'autres méthodes ?

Le goodwill dépend beaucoup de trois paramètres : la rémunération normale des capitaux, le taux d'actualisation et la durée de la rente. Une faible variation de l'un d'eux modifie sensiblement la valeur. C'est pourquoi le rapport Avalor le présente à côté des méthodes fondées sur l'EBE, le résultat d'exploitation, le résultat net et la CAF.

Pour une vue d'ensemble des approches, lisez notre guide de la valorisation d'entreprise ; pour appliquer ces méthodes à vos comptes, découvrez comment évaluer son entreprise en ligne.

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