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Guide des retraitements pour une valorisation d’entreprise
Tutoriel vidéo pour faire des retraitements sur le logiciel Avalor
EXEMPLE 1 : SALAIRE DU DIRIGEANT
- Le salaire du dirigeant doit être retraité s'il est en dessus de la moyenne pratiquée sur le marché ou en-dessous (si le dirigeant se rémunère seulement par des dividendes). Il convient aussi d’identifier les salariés (dont notamment ceux proches de la famille du dirigeant) pouvant avoir des salaires atypiques susceptibles de ne pas être maintenus après la cession, qu’il convient alors de retraiter.
- Prenons l'exemple d'un dirigeant empochant un salaire de 200 000 € brut annuel et que le salaire dit de marché est estimé à 100 000€ brut annuel. La différence est de 200 000 € - 100 000 € = 100 000 €. On estime que ce surplus n'est pas normatif, on va donc effectuer un retraitement. Pour commencer, on va venir déduire 100 000€ du poste salaire le plus couramment ainsi que le montant des charges patronales. Cela induit une diminution des charges et donc par conséquent, une augmentation de l'EBE et du résultat. On doit impacter l'impôt société en conséquent de cette réduction de charges selon le taux applicable. Au passif, le poste "Résultat de l'exercice" se retrouve donc augmenté. A l'actif, c'est la trésorerie qui augmente de la somme des économies réalisées moins l'augmentation de l'IS. On aura donc une valeur d'entreprise qui augmentera en conséquence.
- A titre indicatif, retrouvez les salaires moyens des dirigeants par secteur d'activité et taille d'entreprise. Deux cas de figure. CAS1 : si le dirigeant est à la retraite, vous pouvez réintégrer un salaire. CAS 2 : Si la rémunération du dirigeant est au-dessus de la moyenne, vous pouvez retraiter en indiquant un salaire moyen. Voir Table INSEE
EXEMPLE 2 : LOYER IMMOBILIER
- Le retraitement des loyers intervient dans les PME dont le patrimoine d’exploitation est détenu par les dirigeants ou installées dans leurs locaux depuis de nombreuses années, ont parfois des coûts de loyers hors marché, entraînant donc une distorsion.
- Par exemple, une entreprise louant des locaux 200 000 € annuels dans une zone industrielle alors que le prix marché pour des locaux du même type dans cette zone est de 150 000 € annuel. Le loyer est alors surévalué de 200 000 € - 150 000 € = 50 000€. On doit donc diminuer cette valeur du poste des loyers. On réduit donc les charges de 50 000€, le résultat augmente, mais l'IS augmente aussi du montant des économies réalisées selon le taux applicable. Au passif, le poste "Résultat de l'exercice" est augmenté. Du côté de l'actif, la trésorerie augmente également. Dans ce cas, l'entreprise s'apprécie. Si le loyer était sous-évalué et en suivant le raisonnement ci-dessus, l'entreprise aurait détruit de la valeur.
EXEMPLE 3 : ACTIF IMMOBILISÉ
- Un actif immobilisé est un bien durable appartenant à l'entreprise : un local commercial, une machine, un véhicule ou encore du matériel professionnel. Dans les bilans comptables, ces biens figurent à leur valeur d'acquisition historique, diminuée chaque année par l'amortissement. Résultat : un bien acheté il y a 10 ans peut apparaître à 0 € dans le bilan… alors qu'il vaut encore plusieurs dizaines de milliers d'euros sur le marché.
- Prenons l'exemple d'un four industriel acheté 80 000 € il y a 8 ans, totalement amorti, donc affiché à 0 € dans le bilan. Un expert l'estime aujourd'hui à 30 000 € sur le marché de l'occasion. Ce retraitement permet de réintégrer ces 30 000 € dans l'actif de l'entreprise, ce qui augmente mécaniquement sa valeur patrimoniale. De la même façon, un local commercial acquis il y a 20 ans pour 200 000 € et valorisé aujourd'hui à 500 000 € par un expert immobilier représente une plus-value latente de 300 000 € qu'il convient de réintégrer pour ne pas sous-évaluer l'entreprise.
- C'est précisément ici qu'intervient la méthode du Goodwill. Cette méthode part d'un constat simple : la valeur d'une entreprise ne se résume pas à ce que l'on voit dans les comptes. Elle combine la valeur patrimoniale réévaluée (l'actif net corrigé, incluant les biens expertisés à leur juste valeur) avec la valeur de rendement (ce que l'entreprise génère réellement comme bénéfice). Le Goodwill est en quelque sorte la "survaleur" — ce supplément de valeur que l'entreprise crée au-delà de ses seuls actifs, grâce à sa clientèle, sa réputation, son savoir-faire. En négligeant de faire expertiser ses actifs immobilisés, un cédant risque donc de brader son entreprise en passant à côté d'une partie significative de sa valeur réelle.

